Tout démarre par la sortie club prévue pour début Juin à Samoëns et comme les conditions sont particulièrement encourageantes les jours qui précèdent cette sortie, nous décidons avec Thierry et Serge de prendre deux jours de plus pour aller voler à Saint Hil. Pourquoi Saint Hil, tout simplement pour pouvoir profiter du funiculaire qui pourra nous remonter une fois posés à Lumbin (et là je vois les premiers sourire, avec raison, on ne s’en est jamais servi).
Mercredi, plan de vol ambitieux mais réalisable, le FAI de Saint Hil (Saint Eynard - Granier – transition du Gresivaudan - retour Lumbin). Départ vers 11h30-12h et direction le Saint Eynard, les conditions sont fantastiques, ça monte tout le temps, même pas besoin d’enrouler le long de la crête à mouettes du Saint Eynard, on se retrouve facilement au-dessus, rien à voir avec un mois plus tôt ou l’on se battait avec Marie Jeanne la plume dans le caillou.
Au bout, demi-tour, direction la dent de Crolles. Facile, on enroule avec Thierry pendant que Serge nous rejoint, le petit malin a pris du retard pour allonger le Saint Eynard. De là on navigue dans les barbules et faut dire ce qui est vrai, c’est agréable.
Arrivé au Granier, ça commence à tartiner un peu mais c’est gérable, ça monte au nuage (les deux zozos commencent d’ailleurs à disparaitre). Et la Thierry prend la décision la plus folle du siècle, il change le plan de vol et tente la Savoyarde. Faut dire que c’est un peu un truc mythique, 10 bornes de transition. Et avec notre plaf (2250m), on est pas du tout surs d’y arriver. Serge le suit et du coup je me pose quelques questions, ils ont des guns, pas moi. Mais bon tant pis, si je pose, j’irai faire le navett’man. Go on pousse le barreau, 9 de finesse, ok ça peut passer. C’est magique.
Arrivée en face, c’est une autre paire de manches, je vois Serge bas un peu sous le vent, je gratte, je suis contré vers le nord, ça monte. Et là, c’est le drame, -3m/s le long des arbres, j’avance plus, je ‘découvre’ le vrai effet bagnard. Thierry me dit de continuer, ça monte plus devant, Je l’engueule (mille excuses, ça fait que descendre et je me vois posé alors que les copains sont satellisés et m’attendent). Fermeture, l’abattée qui suit me fait rentrer dans le thermique à 50m/sol, +8m/s, je DOIS le tenir.
Ça marche fort, je me retrouve sur orbite au-dessus de tout le monde, je suis monté tellement vite que Serge et Thierry n’ont pas eu le temps de rejoindre mon thermique (spécial dédicace à Marie Jeanne) et se retrouve à gratter en dessous. Je perds mon thermique, je dois transiter, je remercie les copains de m’avoir attendu et je pars en douce. Je raccroche en face, je suis devant tout le monde maintenant.
La traversée des Bauges se fait plutôt bien, je prends des marges car je ne connais pas l’aérologie du coin, j’essaye de la deviner et ça marche plutôt bien. Je ne prends même pas le temps de faire le plaf au Colombier et j’arrive en vue du Roc des Bœufs. Ce dernier me parait bien compliqué à attaquer. J’arrive le coté sous le vent, je décide de me rabattre sur la crête plus au sud qui débouche sur Doussart. Cette fois, je me vois posé à Doussart et je réalise que j’ai fait un beau vol, j’arrive dans mes records de distance et de temps que je connais.
Je transite au-dessus du bout du lac, je suis face au vent, je pousse encore le barreau (poulie contre poulie c’est trop en réalité) mais je raccroche en dessous de Montmin, ça zérote. Au final j’arrive à monter au niveau du déco, je me sens sauvé sur cette partie-là. Serge me rejoint vers les dents de Lanfon, je fais le plaf cette fois ci. On transite vers le Parmelan, je suis 500m au-dessus de lui, je le dépasse à sa hauteur, on est à 20m l’un de l’autre au milieu de la transition, (et encore une fois poulie/poulie ça dégrade trop) je raccroche 100m en dessous, mais ça monte doucement une fois sur place.
Au bout du Parmelan, Serge me propose deux solutions, rebrousser chemin et tenter le retour ou bien continuer. Thierry est posé à Planfait. On sait qu’on a déjà 100 bornes mais on est encore en l’air, donc ce n’est pas une victoire. Un sketch est toujours possible. Je transite pour montrer que je veux continuer, Serge me suit. La suite du vol nous sépare, je fais les avant reliefs en dynamique tandis que Serge assure ses plafs sur les haut reliefs. On se retrouve à l’entrée de Cluses. Je fais 200m en dessous du plaf, et je me retrouve collé à la pointe de Nancy. Serge continuera. Un gypaète barbu se joint à moi sur la fin du vol, je pose au pied du téléski s’est tapé le train d’Annecy à Grenoble et le taxi pour aller à la voiture (because funi fermé) et qui se tape deux heures de route pour venir nous chercher. On rentre à 2 heures du mat.
Le lendemain (Jeudi), on tente un plan de vol ambitieux, passer dans le Vercor et revenir car le soir on ne peut pas se permettre de rentrer trop tard, Julien nous attendra à Cluses. Les conditions météos sont plutôt stable, J’essaye de gratter jusqu’en bas du Manival. Belle frayeur quand je me retrouve au-dessus des arbres, contré par la brise de vallée. Je pose in-extremis. Une locale me remonte (au passage, encore merci) et je retrouve les autres aux antennes. C’est pas facile pour eux non plus. Après avoir gratté 30 minutes au Bec Charvet sans pouvoir monter, je me pose sur le plateau. Thierry se pose un peu plus tard au même endroit et Serge pose à Lumbin, la journée est pas fumante.
Le soir, on récupère Julien et le week end ASTASien commence.
De très beaux vols, petits à la CFD mais grands par leur apprentissage. Les élèves s’éclatent (voir leur récit). J’ai pu découvrir le vol autour de Cluses, ce qui aurait pu me servir sur mon grand vol. Bref un sacré week end.
J’ai plein d’objectifs qui sont tombés. J’ai fait la Savoyarde, premier 100 kil, 150 puis 200 points CFD, le Criou, la vallée de Cham, mon premier FAI.
