La Peak3 Débarque à Beynes 11Juin2013 par sergiolim
La Peak3 ce n'est pas ma première aile mais c'est la première fois que je passais en catégorie D.
Alors une info pour ceux qui ont déjà connu une appréhension au passage à une catégorie supérieure, ça le fait encore au passage sur une D, même avec l'habitude des fois passées !
Faut dire que cette aile quand elle est sortie, les rumeurs l'avaient déjà devancée : Une aile en deux lignes comme les "guns" de coupe du monde ... super vitesse accélérée (60 Km/h), hélas bien sûr vitesse de décrochage assez haute (pas bon les posés vent de cul à Beynes quand on se fait coincer entre la pente et le bosquet).
Alors ce jour là à Beynes, les conditions n'étaient pas très bonnes : tout juste de quoi se maintenir en l'air, alors faudrait raser la pente avec une aile beaucoup plus vive dans ses réactions ...
On repasse vite fait dans sa tête tout ce qu'on a appris par le passé : près du sol pas question de la laisser partir en abattée, alors faut la tenir un peu, oui mais pas trop : une aile comme ça, ça a besoin de vitesse pour voler et si on est déjà freiné, étant donné que le débattement est peut être plus court on ne peut plus ensuite freiner davantage si besoin, etc etc ...
Donc décollage, un peu plus de temps que d'habitude pour ramener les pieds qui restaient en position "train d'atterrissage sorti", et vite fait, que du bonheur : l'aile donne confiance, l'amplitude du débattement ne pose pas de problème : dans les virages bien appuyés : l'aile mord bien dans l'air et la pression à la commande montre que l'on n'est pas du tout à la limite du départ en négatif (ben oui elle est D là dessus aussi).
Une aile comme je les aime : vive à souhait, qui restitue bien l'énergie emmagasinée, super solide même accélérée (même nettement plus solide), qui "téléphone" à l'avance : je me surprenais à descendre les bras d'un côté ou de l'autre pour prévenir les fermetures comme avec ma précédente aile, mais pour rien : ça n'aurait pas fermé, mais j'avais l'info pour autant disponible ! J'ai pu ensuite vérifier dans des "sous le vent" cette caractéristique bien intéressante :-)
Bon, je me dis que j'aurais rêvé flotter un peu mieux (j'avais essayé un gun Mercury à Beynes l'année passée et ça volait encore quand rien d'autre ne tenait), mais bon c'est une Peak3 pas une icePeak même si la pub laissait entendre qu'on aurait aussi bien qu'une IP6 !
Je rigole des commentaires que j'avais vu qui disaient que le gonflage d'une deux ligne posait problème : pas pour un habitué du gonflage à Beynes en tous cas ! Message subliminal pour aller s'y entrainer :-)
Alors fort de cette confiance, la moisson de la saison 2012-2013 fut bonne (ce qu'il y a de bien avec la CFD c'est qu'il y a toujours moyen de trouver un classement pour se faire plaisir) : record sur la saison du nombre de cross CFD déclarés (40 cross valides, sans même compter les quelques uns supprimés ...).
Alors pour que ce post puisse donner quelques infos à ceux qui se demandent comment on sait quand on peut changer d'aile, voici quelques indications perso, certainement pas une vérité absolue.
Comme je vole pas mal d'heures par an (en tous cas pour un parisien), je m'étais fixé un objectif de 80h/an pour passer sous une C. D'autres dans le club y sont passé "à l'expérience" en davantage d'années sans atteindre ce nombre d'heures. Mais ce qui est important à mon avis c'est d'être intimement persuadé soi même que l'on peut changer de catégorie : si on a besoin de demander à quelqu'un d'autre, certes, c'est bien d'avoir une confirmation de son ressenti, mais cela veut peut être dire que l'on n'a pas encore fait le tour de son aile actuelle. Et en l'occurrence, à chaque fois que j'ai changé d'aile, c'est aussi parce que j'étais tellement à l'aise avec l'aile actuelle que je commençais à en faire un peu trop avec ...
Pour passer sous une D, le niveau d'exigence est encore plus élevé : déjà un stage SIV sous une C "high end" de 6.4 d'allongement m'avait montré que les sorties de décro qui auparavant me semblaient une formalité, étaient devenues très très sensibles à la moindre dissymétrie du corps ou des commandes ou relevé trop haut des mains ... Bref les hélicos en pagaille sans le vouloir !
Alors pas le droit à la sortie du domaine de vol sous une D, bien sûr faut toujours s'attendre à ce que cela arrive un jour car les éléments sont plus forts que nous, mais fallait mettre toutes les chances de son côté.
Pour y parvenir, je m'étais fixé un objectif de 150h de vol par an avec la C précédente, j'ai fait toutes les combes sous le vent l'après-midi à Chamonix lorsque c'est déconseillé de voler, pour être bien certain de la confiance que j'avais à savoir tenir mon aile dans des conditions malsaines. Les wings overs étaient bien maitrisés, ce qui pour moi est l'équivalent de la ceinture de sécurité en voiture : dans de nombreux incidents de vol on se retrouve en fait soit dans une des phases du wing over et alors on sait ce qui va se passer ensuite et comment il faut réagir, soit le fait d'insister dans l'incident pour en sortir en wing plutôt que de contrer et twister est LA porte de sortie en toute sécurité.
Et bien sûr, faut aimer le pilotage :-)
Et sinon, voilà ce que ça donne quand les conditions sont un peu meilleures à Beynes, même au mois de Janvier !
Beynes plage Samedi 17 Janvier 2015 par sergiolim
